Le commerce extérieur de la Chine sur les 9 premiers mois 2006 |
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| Chine - Généralités et informations pays : Chine | ||||
Page 1 sur 2 Sur les 3 premiers trimestres 2006, le commerce extérieur chinois a continué à bénéficier de l’exceptionnelle dynamique qui s’était mise en place en début d’année dernière. Les exportations ont certes légèrement ralenti et les importations ont légèrement accéléré mais dans un ordre de grandeur bien insuffisant pour infléchir l’accumulation de nouveaux excédents records. De notre point de vue, cette performance ne s’explique pas par un surcroît de compétitivité (laquelle n’a pu, au mieux, qu’être préservée au prix d’une diminution des marges face à un environnement mondial difficile) mais plutôt par une diversification de l’offre chinoise dans de nouveaux secteurs, soit sous l’impact d’investissements étrangers (cas de l’électronique), soit en conséquence d’investissements domestiques parfois anarchiques (cas de l’industrie chimique et sidérurgique). Pour l’ensemble de cette année, l’excédent total devrait s’établir autour de 150-160 Mds USD (Hong Kong), soit au 2ème rang mondial juste derrière l’Allemagne.
1. Les excédents commerciaux vers de nouveaux sommetsPour beaucoup d’observateurs, l’excédent commercial record de 102 Mds USD dégagé en 2005 n’était qu’une anomalie passagère, traduisant les excès de l’économie chinoise (trop d’investissement, trop d’industrie, contrôle du change…). L’excédent commercial n’a en effet jamais été particulièrement important, fluctuant entre 20 et 35 Mds USD sur la période 1999-2004. Depuis, la compétitivité-prix de la Chine a certes profité de la baisse du dollar auquel est ancré de facto le Renminbi, mais ces gains ont largement été absorbés par les surcoûts liés à la hausse des cours de matières premières. Structurellement, il n’y a donc aucune raison de penser que la Chine puisse passer d’un modèle à faible excédent à un modèle à fort excédent. C’est pourquoi le gouvernement (mais aussi plusieurs économistes indépendants) estimaient qu’en 2006 le commerce extérieur ne pouvait que ralentir et l’excédent commercial se tasser. Ce mouvement de stabilisation a été bien plus modeste qu’anticipé. Les exportations ont ralenti (+26,5% en rythme annuel sur les 9 premiers mois, contre +28,4% sur la totalité de 2005) et les importations ont accéléré (+21,6% contre +17,6%), mais dans des proportions bien trop faibles pour infléchir l’accumulation des excédents. Ceux-ci s’établissent ainsi à 110 Mds USD sur les 9 premiers mois, soit +61% par rapport à la même période en 2005. Pour l’ensemble de l’année 2006, les prévisions sont de l’ordre de 160-170 Mds USD (150-160 Mds USD en tenant compte de Hong Kong). A cette date, seule l’Allemagne pourra se prévaloir d’un excédent (légèrement) supérieur (environ 175 Mds USD par extrapolation du 1er semestre). 2. Les exportations continuent à se diversifier ; les importations rebondissentDu côté des exportations, l’année 2006 s’inscrit complètement dans la continuité de l’année précédente. Les exportations de produits manufacturés ont maintenu un rythme de croissance annuel de 28% (identique en 2005 et sur les 8 premiers mois 2006). Parmi ceux-ci, les biens de consommation et d’équipement du foyer, qui contribuent traditionnellement à l’essentiel des exportations chinoises, ont plutôt eu tendance à légèrement ralentir, tels que par exemple les chaussures (dont les exportations ont progressé de 15% sur les 8 premiers mois 2006 contre +25% en 2005), les meubles (+28% contre +31%), le textile (+19% contre +23%), l’informatique (+21% contre +27%) ou encore l’équipement hi-fi et télécom (+35% contre +39%). Seule exception, à vrai dire assez surprenante : les exportations de vêtements ont progressé de 28% sur les 8 premiers mois, contre 20% en 2005. Cette accélération provient essentiellement des vêtements en maille (+42% contre +20%), secteur dans lequel l’effet des clauses de sauvegarde sur les exportations directes vers l’UE (-3% sur 8 mois) et les Etats-Unis (-7%) a été plus que compensé par le trafic redirigé vers Hong Kong (+70%), et, plus près de nous, la Roumanie (+1000%), la Bulgarie (+1100%) et la Turquie (+6000%). Au total les excédents commerciaux dégagés par la filière habillement ont atteint 100 Mds USD sur les 8 premiers mois 2006, soit 20 Mds de plus que sur la même période de l’année précédente. Pour autant, cette hausse n’explique qu’une part limitée de la performance commerciale de la Chine. En termes relatifs, les secteurs en développement rapide de l’électronique grand public ont d’ores et déjà un impact bien plus important que les secteurs manufacturés plus traditionnels. Sur les 8 premiers mois, les excédents ont ainsi augmenté de 24 Mds USD dans l’informatique (soit de 32 à 56 Mds USD) et 22 Mds USD dans les équipements télécom (soit de 29 à 51 Mds USD). En dehors des activités de processing, il convient enfin de considérer le rôle déterminant qu’a joué sur la période récente le secteur des biens intermédiaires (métaux, textile, chimie, composants électronique…). La forte augmentation des capacités de production domestique s’y est en effet traduite, à partir du début 2005, par une substitution de la production locale aux importations et par un recyclage des excédents de production à l’exportation. Ce mouvement s’est poursuivi en 2006, démontrant en cela l’échec patent de la campagne de contrôle de l’investissement dans l’industrie lourde. Par exemple les importations ont connu un coup d’arrêt dans la chimie organique (+2% sur 8 mois) et un net recul dans le fer & acier (-23%), tandis que dans le même temps les exportations de ces produits ont bondi de respectivement de 31 et 25%. Certes la Chine reste largement déficitaire dans ces secteurs, mais le simple fait d’y réduire son déficit a notablement contribué à l’amélioration d’ensemble. Du côté des secteurs d’importations les plus dynamiques, il convient de noter la reprise des importations de matières premières et d’équipement professionnel, tirés par l’accélération de la demande interne et plus généralement de l’économie dans son ensemble. Les importations de minerais et de pétrole ont ainsi augmenté de 27% et 15% en volume sur les 8 premiers mois, contre respectivement +32% et +3% en 2005. Les importations d’appareils de précision ont maintenu un rythme annuel de 25% (comme en 2005) ; les importations de machines spécialisées repartent de l’avant (+9% contre -13% l’année dernière) et les importations d’équipements de transport hors automobile décollent (+68% contre +20%). Cela reste certes très insuffisant pour ralentir la progression des excédents mais dans un contexte de tensions commerciales grandissantes, il n’est pas anodin de constater que la demande chinoise a davantage profité au reste du monde que l’année dernière (voir ci-après). |
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