Chine : situation économique et financière |
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| Chine - Généralités et informations pays : Chine | |||||
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L’économie chinoise a confirmé au cours du 1er semestre une nouvelle phase d’accélération (+10,9% de croissance sur le 1er semestre, contre +10,2% en 2005). C’est désormais une quasi-certitude : l’année 2006 sera l’année de nouveaux records en terme de taux d’investissement (plus de 45% du PIB), d’excédent commercial (peut être 150 Mds USD) ou encore de taux de croissance (autour de 10,5% d’après le dernier consensus de prévisions)... c’est-à-dire tout le contraire du programme économique du gouvernement présenté en mars dernier devant l’ANP. Dans ce contexte, une multitude de mesures restrictives ont été promptement déployées en juin-juillet, portant principalement sur l’investissement immobilier et le crédit bancaire, dans l’objectif affiché de rééquilibrer la croissance au profit de la consommation. Au vu de l’importance de l’excès de liquidité et de l’inefficacité des mesures jusqu’à présent déployées, il nous semble que de nouvelles mesures restrictives sont hautement probables pour le second semestre et qu’à terme un rôle plus important devrait être accordé à la politique de change et à la libéralisation des contrôles de capitaux.
1. La « 4ème génération de dirigeants » marque sa différence, par nécessitéAu pouvoir depuis maintenant 2 ans, le tandem WEN Jiabao / Hu Jintao a déjà marqué sa différence sur plusieurs plans. La crise du SARS en 2003 a été tout d’abord l’occasion de lancer une thématique désormais récurrente du discours officiel : le soutien aux catégories les plus défavorisées et la prise en compte dans la stratégie de croissance des équilibres sociaux et environnementaux. Ces priorités ne sont certes pas tout à fait nouvelles, mais, à la différence du précédent gouvernement, l’équipe actuelle dispose de ressources financières très confortables qui lui permettent de lancer des initiatives trop longtemps repoussées (relance des infrastructures et amélioration des services de santé et d’éducation dans les provinces défavorisées, amélioration du pouvoir d’achat paysan…). Dans le domaine économique, la 4ème génération de dirigeants a par contre été égratignée pour son manque d’implication dans les réformes structurelles, qui ont conduit à différents dérapages (emballement de l’investissement et surcapacités industrielles). Inversement, l’arrivée en masse des investisseurs étrangers dans les grandes banques publiques ont provoqué récemment des appels au « nationalisme économique » et contre le « bradage des actifs d’Etat », que le gouvernement s’est toutefois bien gardé de cautionner publiquement. Plus généralement, les autorités sont confrontées au bilan social et environnemental très mitigé des 15 dernières années de libéralisation économique. Certes, l’objectif du doubler le PIB par tête entre 2000 et 2010 est, de l’avis général, à portée de main (7% de croissance annuelle suffiront). Cependant, il est plus que jamais clair que cette croissance économique n’est pas la panacée (en particulier concernant les paysans et « paysans-ouvriers »,qui ne bénéficient que marginalement du développement du pays), voire qu’elle pourrait aggraver certains maux (pollution, contentieux commerciaux…). 2. L’économie chinoise entre dans une nouvelle phase d’accélérationLes résultats économiques du début d’année ont dépassé toutes les prévisions. La croissance du PIB s’élève à 10,9% en rythme annuel sur le 1er semestre après 10,2% sur l’ensemble de l’année 2005. Une telle accélération met cruellement en la lumière l’incapacité du gouvernement central à encadrer et orienter l’activité économique. Les objectifs officiels pour 2006 (+18% pour l’investissement, +8% pour le PIB) n’ont certes jamais fait illusion. Tout le monde savait bien qu’ils n’avaient, comme d’habitude, qu’une fonction d’affichage, indiquant en l’occurrence que les autorités souhaitaient réduire et rééquilibrer la croissance. Mais ce qui frappe, ce n’est pas tant l’ampleur de l’accélération que sa composition : en effet, les deux principaux moteurs de croissance restent justement ceux-là même que le gouvernement cherche à refroidir depuis presque 3 ans, à savoir l’investissement et le commerce extérieur. Bien que le potentiel de consommation continue à progresser, soutenu par la forte hausse des revenus des ménages au 1er semestre (+12% dans les villes sur le 1er semestre 2006 et surtout +19% dans les campagnes, record historique), c’est plus que jamais l’investissement (c'est-à-dire la composante la plus volatile) et non la consommation (la composante la plus stable) qui tire l’essentiel de l’économie chinoise. Le surinvestissement exacerbe les surcapacités et le risque de défaut de crédit. L’augmentation des excédents extérieurs exaspère les autres pays, notamment occidentaux, et donne plus de poids aux partisans d’une appréciation du Renminbi. Or l’investissement urbain a progressé de 30,5% en rythme annuel sur les 7 premiers mois de l’année, contre +27% en 2004 et 2005. De même les excédents commerciaux ont atteint de nouveaux records au cours des derniers mois et pourraient atteindre à ce rythme 150 Mds USD cette année, soit 50% de plus qu’en 2005, une année pourtant déjà exceptionnelle. Par grand secteur, même constat : l’industrie et la construction accélèrent (+13,2% sur le 1er semestre, du jamais vu) alors que les services et l’agriculture ralentissent (respectivement +9,4% et +5,1%, ce qui reste tout de même très honorable suivant les standards chinois). Le constat d’une surchauffe encore plus grave qu’en 2003-2004 semble donc sans appel et pourtant… plusieurs indices intriguent. En effet de nombreuses incohérences rendent suspectes les statistiques officielles. La consommation d’électricité et le transport de fret, par exemple, sont beaucoup moins dynamiques qu’en 2005. Le crédit bancaire, malgré une nette reprise depuis fin 2005, reste bien moins dynamique qu’en 2004. Même chose pour le commerce extérieur, dont le rythme de progression a ralenti de 40 à 20% par an en l’espace de 2 ans. En sens inverse, selon un rapport de la NDRC, 23 des 31 provinces affichent une croissance de plus de 12% sur le 1er semestre, soit nettement plus que ce qui est mathématiquement cohérent avec une croissance nationale de 10,9%... Dans de telles conditions, le moyen le plus fiable de se faire une opinion sur la conjoncture chinoise reste de suivre l’évolution de la production de quelques produits clefs (acier, ciment, auto…), moins susceptibles de distorsions. Il en ressort un constat plutôt rassurant : la situation n’apparaît pas plus dégradée qu’au moment du pic de 2004 et, surtout, un ralentissement de l’activité se dessine depuis déjà quelques mois. Notre analyse est d’ailleurs confirmée par la toute récente révision des statistiques 2005 (la croissance a été rehaussée de 9,9 à 10,2%) qui laisse présager une prochaine révision à la baisse de la croissance du 1er semestre 2006. |
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