Les investissements chinois en France et en Europe |
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| Chine - Economie et présence française : Chine | |||||
Page 1 sur 3 En matière d’investissement direct vers l’étranger, la Chine affiche de grandes ambitions (le gouvernement souhaite atteindre pour 2010 un flux sortant de 60 Mds USD, soit quasiment autant que le flux entrant actuel). Ces objectifs paraissent toutefois discutables et, pour l’instant, force est de constater que la Chine est loin d’être un investisseur non financier significatif à l’échelle internationale. Par ailleurs, la grande majorité des investissements chinois sont orientés vers des pays en voie de développement (en Asie et, de plus en plus, en Amérique latine et en Afrique). L’Europe en général et la France en particulier apparaissent comme des destinations délaissées, sans préjuger bien sûr d’opérations ponctuelles qui peuvent être tout à fait significatives.
1. La Chine n’est encore qu’un acteur mineur de l’investissement international non financierTraditionnellement faible voire négatif, l’excédent d’épargne de la Chine sur le reste du monde est devenu significativement positif à la fin des années 90, puis a continuellement progressé jusqu’à atteindre des niveaux record, tels que 160 Mds USD pour la seule année 2005 (voir graphique ci-dessous). Les avoirs détenus par la Chine sur l’étranger ont augmenté en conséquence et, selon la récente évaluation menée par la Banque Centrale, la Chine est même devenue créditrice nette sur le reste du monde, à hauteur de 290 Mds USD fin 2005. On pourrait penser que cette évolution fait de la Chine un investisseur en puissance sur les marchés internationaux et, potentiellement, un partenaire crédible pour des vastes projets de fusions & acquisitions transnationales. La réalité est bien différente car seule une petite partie des avoirs de la Chine sur l’étranger sont contrôlés par des entreprises chinoises (publiques ou privées). Les 2/3 sont détenus par la Banque Centrale, qui les investit dans des titres peu risqués, c’est-à-dire principalement des Bons du Trésor américains, européens ou japonais. Ainsi, quand bien même les 2/3 des avoirs des étrangers en Chine sont sous forme de prise de participation dans une entreprise chinoise ou une implantation étrangère en Chine (soit au total un capital de 670 Mds USD), ce n’est le cas que de 5% des avoirs de la Chine sur l’étranger (soit un total cumulé de 65 Mds USD). Cette situation s’explique par un certain nombre de restrictions qui continuent à entraver le marché de change (par exemple les investissements supérieurs à 10 MUSD nécessitent une autorisation spéciale), mais aussi par le manque de maturité des entreprises chinoises elles-mêmes. Un récent sondage1 mené auprès de 200 entreprises chinoises parmi les plus performantes indiquait que 91% d’entre elles souhaitent se développer d’abord et avant tout sur le marché chinois. Dans le même ordre d’idée, un cabinet de conseil2 a conclu à partir de l’étude fine des 500 plus grandes entreprises chinoises, que seules 12% (c’est-à-dire à peine 60 entreprises) ont véritablement la capacité d’entreprendre un développement mondial (sans être certaines de réussir). Dans le même temps, les autorités chinoises se sont rendu compte que les sorties de capitaux ne sont pas toujours une mauvaise chose (a fortiori dans le contexte actuel de pression à la hausse sur le Renminbi) et que l’investissement à l’étranger des entreprises peut participer aux enjeux stratégiques du développement (sécurisation des approvisionnements de matières premières et de débouchés industriels, accès à de nouvelles technologies et savoir-faire…). C’est pourquoi elles ont commencé en 2003 à inciter les entreprises chinoises à investir davantage à l’étranger (« go abroad policy »), en facilitant l’obtention des devises nécessaires voire, dans certains cas, d’aides financières plus ou moins avouables (prêts bonifiés, assurance crédit…). Les résultats sont impressionnants : le flux annuel d’investissement direct (ID) sortant chinois est passé de 2-3 Mds USD en moyenne à 5,4 Mds USD en 2004 puis 12,2 Mds USD en 2005. Le gouvernement prévoit une croissance de 22% en moyenne sur chacune des 5 années à venir, au terme de laquelle l’ID chinois atteindrait 60 Mds USD en 2010. Cet objectif nous paraît très ambitieux, pour ne pas dire dangereux. Les Fusions & Acquisitions transnationales sont des opérations excessivement complexes, qui échouent dans la majorité des cas. Or les entreprises chinoises, même celles qui sont dominantes sur leur marché d’origine, souffrent généralement de handicaps sérieux (manque de main d’oeuvre qualifiée, de financement, d’expérience, de pouvoir de marque…) et, à la différence des entreprises japonaises et coréennes qui les ont précédées dans cette voie, ne peuvent pas s’appuyer sur une politique industrielle totalement cohérente et focalisée sur un nombre limité d’objectifs. Les erreurs tactiques commises par TCL (qui a racheté la division TV de Thomson) ou Lenovo (qui a racheté la division PC d’IBM) ont montré que même les meilleurs entrepreneurs chinois ne sont pas particulièrement performants pour faire face à ce type de défi. Notons par ailleurs que, même si l’objectif gouvernemental pouvait être atteint, la Chine ne représenterait encore que 5% des IDE mondiaux en 2010 (à comparer pour mémoire avec 10 à 17% pour les investissements japonais durant les années 80). |
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