Investissements directs étrangers et présence française en Chine en 2005

Suggérer par mail
Chine - Economie et présence française : Chine
Index de l'article
Investissements directs étrangers et présence française en Chine en 2005
Page 2

Les investissements directs étrangers (IDE) réalisés en Chine se sont élevés en 2005 à 72,4 Mds USD, soit bien au-delà de la fourchette des 50-65 Mds USD dans laquelle ils évoluaient depuis une dizaine d’année. En fait, les IDE dans les secteurs non financiers sont en baisse de 0,5% par rapport à 2004, mais dans le même temps la Chine a bénéficié pour la première fois d’investissements très substantiels dans le secteur financier (soit 12 Mds USD). Comme à l’accoutumée, l’essentiel de ces investissements1 a pour origine l’Asie, qui occupe 58% du total dont 30% rien que pour Hong Kong. Bien que 3ème investisseur européen, la France occupe une place relativement réduite (environ 1,2% du total des investissements cumulés reçus par la Chine). L’investissement français a pourtant augmenté de 49% en 2005, atteignant 590 MEUR selon la Banque de France. Par ailleurs, selon les enquêtes des Missions Economiques, la présence française en Chine se chiffre aujourd’hui à plus de 800 entreprises et 1500 implantations. Nous estimons leur chiffre d’affaires à environ 13-14 Mds EUR en 2005, soit le double du montant des exportations de la France vers la Chine continentale

 

1. La progression des IDE reçus se poursuit mais reste surtout asiatique

La croissance continue des IDE accueillis par la Chine, concomitamment à l’effondrement de ceux destinés aux pays développés (de 1134 Mds USD 2000, ils ont chuté à 360 Mds USD en 2003), a conduit cette dernière à revenir aux tous premiers rangs des pays d’accueil de l’investissement étranger. La part de l’IDE mondial reçu par la Chine est ainsi passée de 2,9% en 2000 à 9,5% en 2003 (date à laquelle elle fut 1er récipiendaire mondial, devant les Etats-Unis). Par la suite, la reprise des investissements vers les pays développés a entraîné un léger recul de la Chine en part relative. En 2005, avec 72 Mds USD d’IDE reçu, la Chine était le 3ème pays récipiendaire d’IDE au monde, derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, juste devant la France (63 Mds).

Mis en perspective historique, le succès de la politique chinoise d’attraction de l’IDE, lancée en 1992, est tout à fait remarquable : de 4 Mds USD en 1991, les montants accueillis ont rapidement atteint 40 Mds au milieu des années 90, puis 50-60 Mds USD au début des années 2000. En 2005, le stock d’IDE accueilli par la Chine s’élevait à 318 Mds USD selon la CNUCED (selon les autorités chinoises, qui utilisent des règles d’amortissement du capital bien plus souples, ce chiffre est deux fois plus élevé). Ce montant représente 33% du total de l’Asie de l’Est et 3% du total mondial, contre respectivement 25% et 1% en 1990.


Plusieurs facteurs expliquent le pouvoir d’attraction de la Chine : la taille potentielle et le taux de croissance du marché de consommation, la stabilité politique et sociale, l'amélioration des infrastructures... L’accélération constatée ces dernières années s’explique notamment par la continuité des performances économiques (entre 9 et 10% de croissance par an) et par l'entrée de la Chine à l'OMC fin 2001, qui a conduit au renforcement de la sécurité juridique de l’environnement des affaires et à l’ouverture de nouveaux secteurs (dans les services principalement).

Les atouts traditionnels de la Chine dans les industries de main d’oeuvre, tels que le textile, le jouet, l’assemblage de produits ménagers, n’auraient sans doute pas suffi pour trouver des débouchés à l’international aussi rapidement sans le savoir-faire et surtout les réseaux de commercialisation qu’ont apportés les investisseurs étrangers dès le milieu des années 80. Les investisseurs asiatiques ont en particulier très tôt opté pour des industries de transformation et de réexportation. Le commerce qui en résulte représente désormais plus de la moitié des échanges de la Chine, et provient à plus de 59% d’entreprises à capitaux étrangers. La part de valeur ajoutée locale n’atteint ainsi en moyenne guère plus de 30% dans le vêtement ou 40% dans l’électronique grand public, mais ce ratio augmente d’année en année.

Les investissements étrangers proviennent à 60% du reste de l’Asie, en particulier de Hong Kong, qui constitue de loin la 1ère source de capitaux étrangers, à hauteur de 43% du stock et encore 30% du flux en 2005. Si le rôle de Hong Kong est très surévalué par le transit de fonds clandestins d’origine chinoise pour bénéficier d’avantages fiscaux, ou encore d’investissements taïwanais pour contourner les interdictions ou limitations portant sur les flux directs, il n’en demeure pas moins que les investisseurs occidentaux sont loin derrière : les Etats-Unis et l’Union Européenne détiennent chacun environ 8% du stock d’investissement étranger.

Paradoxalement, la forte croissance des IDE en Chine ne joue qu’un rôle limité dans le financement de l’économie. Les capitaux étrangers n’ont contribué en moyenne qu’à hauteur de 10-12% de l’investissement domestique total (moins qu’en France), voire à peine 8-9% ces dernières années. Cependant l’apport des IDE en termes de savoir-faire et de gains de productivité (spillover effects) reste indispensable à la modernisation de l’appareil productif chinois de nombreux secteurs (notamment les services, qui ne se sont ouverts que récemment aux étrangers). Par ailleurs en terme de développement du territoire, les autorités espèrent pouvoir faire bénéficier les provinces de l’Ouest de l’IDE, de la même manière que les provinces côtières dans les débuts de la politique d’ouverture.



 
Advertisement