L'investissement direct étranger en Chine 2006

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Chine - Contexte international : Chine
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L'investissement direct étranger en Chine 2006
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Les investissements directs étrangers (IDE) réalisés en Chine se sont élevés en 2006 à 70 Mds USD (-4 %), la première baisse depuis 2000, mais le deuxième montant le plus élevé de son histoire. L’essentiel de ces investissements a pour origine l’Asie de l’Est (62 %) et notamment Hongkong (36 %). Avec 3 Mds USD, les investissements français en Chine constituent notre 22e stock à l’étranger. Les flux d’investissements français en 2006 ont été évalués à seulement 316 MEUR, soit moitié moins qu’en 2005, année qui a enregistré le montant le plus élevé depuis 7 ans (695 EUR). Selon le dernier recensement réalisé par les missions économiques de Chine, la présence française comprend aujourd’hui près de 850 entreprises à travers 1800 implantations.

 

1- L’IDE en Chine

1.1 L’ouverture du secteur financier chinois a fait franchir un nouveau seuil aux flux entrants

La croissance continue des IDE accueillis par la Chine, concomitamment à l’effondrement de ceux destinés aux pays développés (de 1134 Mds USD 2000, ils ont chuté à 540 Mds USD en 2005), a conduit cette dernière à revenir aux tous premiers rangs des pays d’accueil de l’investissement étranger. La part de l’IDE mondial reçu par la Chine est ainsi passée de 3 % en 2000 à près de 10 % en 2003 (date à laquelle elle fut 1er récipiendaire mondial, devant les Etats-Unis), pour se replier à 8 % en 2005. Selon la CNUCED, ce chiffre place la Chine au 3e rang mondial des pays récipiendaires d’IDE (72 Mds USD), derrière les Etats-Unis et la Grande- Bretagne, mais juste devant la France (63 Mds USD). Le stock d’IDE en Chine ne représente toutefois que 3 % du stock mondial, contre 6 % pour la France et 16 % pour les Etats-Unis. Le niveau élevé des flux et la faiblesse relative des stocks illustrent bien la transition économique chinoise : un fort dynamisme mais un retard encore important à combler.


Les statistiques (voir annexe) attestent du succès de la politique chinoise d’attraction de l’IDE lancée en 1992 : de 4 Mds USD en 1991, les montants accueillis ont rapidement atteint 40 Mds au milieu des années 90. L’accession à l’OMC de la Chine en 2002 a provoqué un second rebond à partir de 2001 (50-60 Mds USD par an). Un troisième palier (70 Mds par an) a été franchi en 2005 avec l’ouverture du capital des banques aux investisseurs étrangers. En extrapolant les chiffres 2005 de la CNUCED, on peut estimer le stock d’IDE accueilli par la Chine à plus de 350 Mds USD en 2006 (selon les autorités chinoises, qui utilisent des règles d’amortissement du capital bien plus souples, ce chiffre est deux fois plus élevé). La Chine disposait en 2005 de 33% du stock total d’IDE en Asie de l’Est et de 3% du stock mondial, contre respectivement 25% et 1% en 1990.

L’investissement étranger joue un rôle fondamental dans le modèle de développement chinois. La conquête rapide de parts de marché par la Chine ne saurait s’expliquer par la seule compétitivité de ses industries intensives en main d’oeuvre (textile, jouet, assemblage de produits ménagers). Elle tient aussi à l’acquisition de savoir-faire et à l’insertion du pays dans les réseaux de commercialisation mondiaux, pour lesquels l’IDE a été et demeure facteur déterminant. Les investisseurs asiatiques ont en particulier très tôt opté pour l’implantation en Chine des industries de transformation et de réexportation. Le commerce qui en résulte représente désormais plus de la moitié des échanges de la Chine et provient à plus de 59 % d’entreprises à capitaux étrangers. La part de valeur ajoutée locale n’atteint ainsi en moyenne guère plus de 30 % dans le vêtement ou 40 % dans l’électronique grand public (mais ce ratio augmente d’année en année). Par ailleurs dans le cadre de leur politique d’aménagement du territoire, les autorités comptent sur le soutien des IDE pour le développement des provinces de l’Ouest.

L’analyse de l’origine géographique des IDE à destination de la Chine est doublement faussée. D’une part, la ventilation géographique fournie par les autorités chinoises ne porte que sur les IDE non financiers et ignore ainsi 10 à 20 % selon les années du montant total des flux enregistrés. D’autre part, plus de la moitié des IDE reçus chaque année par la Chine provient de deux paradis fiscaux, Hongkong (36 % des flux en 2006) et les Iles vierges (20 % des flux), rendant impossible une identification de leur véritable origine. Hongkong est notamment utilisé comme plateforme de transit par les investisseurs chinois eux-mêmes, ce qui leur permet de bénéficier de certains avantages fiscaux. Vraisemblablement, le premier investisseur en Chine serait toutefois Taïwan. Soumis encore à de nombreuses restrictions pour investir sur le continent, la majeure partie des fonds taïwanais transite par des pays tiers (en particulier par Hongkong). Les estimations du stock d’IDE taïwanais en Chine varient entre 30 et 70 Mds USD. 



 
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