L'eau en Chine

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Chine - BTP, envirt, transports : Chine

L’eau en Chine

Le développement rapide de l’urbanisation et l’industrialisation en Chine se traduit par une pression accrue sur les ressources en eau, faibles et mal gérées, et par une augmentation de la production d’eaux usées, insuffisamment traitées.

Cette dégradation progressive de la situation se manifeste par un manque d’eau dans les villes et les campagnes, une surexploitation des nappes souterraines et une pollution accrue des rivières.

Si la détérioration de l’environnement est encore trop souvent considérée comme le prix de la croissance pour la majorité des citoyens chinois, les autorités centrales ont en revanche pris conscience des risques majeurs à terme sur l’économie et la qualité de la vie.

La Chine n’est cependant pas prête à relever ces défis, en raison d’un manque évident de technologies, d’expérience et d’application des réglementations.

Les compétences des sociétés étrangères, notamment françaises avec VEOLIA et SUEZ, sont ainsi vivement recherchées, pour la construction d’unités de traitement d’eau, mais aussi de plus en plus pour la gestion déléguée de la production et la distribution d’eau potable.

Des ressources en eau faibles et mal gérées :

Multiples actions des autorités pour rationaliser l’utilisation de l’eau

1/La Chine ne parvient pas à répondre à ses besoins en eau, du fait de ressources faibles et mal gérées

Les ressources chinoises en eau par habitant sont faibles (le quart de la moyenne mondiale) et inégalement réparties (les ressources par habitant au Nord sont trois fois inférieures à celles au Sud). Les bassins de trois des quatre principaux fleuves du Nord de la Chine, Hai (1100 km, traversant le Shanxi, Hebei, Pékin, Tianjin jusqu’à la mer de Bohai), Huai (1000 km, traversant le Henan, Anhui, Jiangsu jusqu’au Yangtsé) et Fleuve Jaune (5460 km, 2ème plus long fleuve du pays), contribuent en effet au tiers du PIB chinois mais ne représentent que 7,7% des ressources en eau du pays, d’après le Ministère des Ressources en Eau.

La Chine se distingue par ailleurs par une gestion particulièrement inefficace de ses ressources, avec 385 m3 d’eau utilisée pour 1000 USD de PIB en 2003, soit 4 fois plus que la moyenne mondiale. Les pertes en eau s’expliquent principalement par des systèmes d’irrigation vétustes et non performants, mais aussi par une industrie peu soucieuse de sa consommation. La Banque Mondiale estime par exemple que près de 60% de l’eau est encore perdue dans les systèmes chinois d’irrigation contre 20 à 30% seulement dans les pays développés.

L’agriculture reste de loin le principal consommateur d’eau en Chine (65% de la consommation en 2003), malgré des besoins en eau urbaine (200 à 300 millions de personnes migrant des campagnes aux villes d’ici 2020) et industrielle (croissance industrielle de 15% en moyenne par an) en augmentation constante. D’après le Ministère des Ressources en Eau, la Chine aura souffert en 2003 d’un déficit de 30 Md m3 d’eau pour l’irrigation dans le Nord et l’Est du pays (perte de 30 Mt en grains, soit 4,1 Md USD) et 6 Md m3 pour l’industrie (perte de 27 Md USD). 400 des 669 villes chinoises de plus de 100 000 habitants ont en outre manqué d’eau en 2003, dont 16% sérieusement. Pékin et Tianjin, dont les ressources par habitant sont respectivement de 128 et 105 m3 par an, sont particulièrement touchées.

L’utilisation excessive des ressources d’eau au Nord se traduit notamment par l’assèchement périodique du Fleuve Jaune et une surexploitation des nappes souterraines (20% de la consommation chinoise en eau en 2003), qui conduit à l’affaissement des sols, non seulement dans le Nord mais aussi dans les grandes villes comme Shanghai, Nanjing, Suzhou et Wuxi. D’après certaines estimations, les ressources par habitant en Chine pourraient encore baisser de plus de 20% d’ici 2030.

2/Les autorités utilisent une palette de solutions pour réduire la consommation et augmenter les capacités en eau

  • Les autorités ont tout d’abord accéléré les programmes de rénovation des systèmes d’irrigation. Entre septembre 2003 et mai 2004, 6,8 Md USD ont été investis dans la construction et la réparation des réseaux, dont 3,8 Md USD financés par les autorités locales (+800 M USD par rapport à l’année précédente) et 3 Md USD par les agriculteurs, selon le Ministère des Ressources en Eau
  • Même si la question reste sensible, l’augmentation du prix de l’eau est devenue inévitable. L’eau est en effet facturée à un prix extrêmement faible en Chine : 0,24 USD/m3 pour l’eau urbaine en moyenne et 0,004 USD/m3 pour l’irrigation, soit moins de la moitié des coûts. Pékin, dont les ressources en eau sont notoirement précaires, donne l’exemple et a déjà augmenté le prix de l’eau à plusieurs reprises ces dernières années (Fixé pour les ménages à 0,45 USD/m3 depuis août 2004, son prix pourrait même atteindre les 0,6 USD/m3 en 2005). Afin de réduire la consommation d’eau dans les campagnes, la Banque Mondiale estime en revanche qu’une facturation basée sur le volume consommé plutôt que sur la surface irriguée serait plus judicieuse pour l’instant qu’une simple augmentation du prix de l’eau
  • Les autorités centrales ont en outre décidé d’imposer des quotas d’utilisation dans les secteurs industriels (Economie potentielle de 6 Md de tonnes d’eau par an) qui consomment le plus : électricité, sidérurgie, raffinage pétrolier, textile, papeterie, fabrication de bière et d’alcool. Les ménages pourraient eux aussi être soumis à un système de quotas de consommation, notamment à Pékin et Tianjin
  • Outre le recyclage industriel de l’eau, les autorités souhaitent promouvoir le recyclage des eaux usées urbaines. Une dizaine de villes (dont Pékin, Tianjin, Qingdao) ont déjà initié quelques projets de recyclage d’eau pour le sanitaire, arrosage, lavage de voitures…
  • Après des années de réflexion, les autorités chinoises se sont finalement engagées en 2002 dans le projet pharaonique de diversion d’eau du Yangtsé vers le Nord, sur trois axes ’’Est’’, ’’Central’’ et ’’Ouest’’. Le projet ’’Est’’, qui empruntera de nombreux cours d’eau existants (dont le grand canal construit il y a 1400 ans) qu’il faudra dépolluer, a débuté en décembre 2002 et devrait alimenter en eau le Jiangsu et le Shandong d’ici 2007, puis Pékin ultérieurement. Le projet ’’Central’’, confronté à des difficultés techniques, sociales et écologiques majeures, a débuté en décembre 2003 et devrait alimenter Pékin en eau à partir de 2010. Le projet ’’Ouest’’ ne pourrait en revanche jamais voir le jour, présentant d’immenses défis techniques, financiers et écologiques, mais reste pour l’instant programmé pour 2010
  • La désalinisation de l’eau de mer est une solution de plus en plus concrète pour les autorités, avec les prix des équipements qui ont baissé de 50% lors des 10 dernières années. Des unités de désalinisation, d’une capacité comprise entre 100 000 et 200 000 tonnes par jour, sont ainsi prévues à Tianjin, dans le Shandong et le Zhejiang

Pollution de l’eau de qui s’accentue :

Besoin d’investissements massifs dans des stations d’épuration et d’une application plus stricte des réglementations contre les pollueurs

1/Le phénomène de pollution des ressources en eau s’accélère, alors que le nombre de stations d’épuration est encore trop faible

En parallèle du développement rapide de son urbanisation et de son industrialisation, la quantité d’eaux usées produite par la Chine progresse à un rythme annuel de 5% d’après la SEPA et a atteint 46 Md de tonnes en 2003 (dont 46% industrielles et 54% urbaines). Si la construction de stations d’épuration en Chine a connu un taux de croissance supérieur à 10% lors de la dernière décennie, les résultats restent largement insuffisants. Selon la SEPA, 40% seulement des 669 villes de plus de 100 000 habitants disposent de stations d’épuration, traitant 32 Mt/jour à fin 2003 dans 516 sites, soit un peu moins de 25% de l’ensemble des eaux usées produites en Chine. Seulement 70% des eaux industrielles seraient en outre traitées dans l’industrie contre 95% dans les pays développés. A cela s’ajoute le faible niveau de performance des installations existantes. Lors d’une inspection de la SEPA en 2003, 17 sites sur 30 ne respectaient pas les normes de qualité en vigueur.

La pollution des ressources en eau provient tout d’abord des eaux usées urbaines et industrielles, mais aussi de l’utilisation intensive d’engrais et pesticides ainsi que des déchets déversés par les navires.

D’après la Banque Asiatique de Développement, plus de 40% des eaux des sept principales rivières chinoises n’atteignent pas le niveau 3 (1 étant le meilleur et 6 le pire), requis pour la production d’eau potable. Trois rivières (Huaihe, Haihe et Liaohe) et trois lacs (Dian Chi, Chao Hu, Tai Hu) sont particulièrement touchés par la pollution, tout comme le Fleuve Jaune, dont 60% du flux principal serait classé au niveau 6, c'est-à-dire impropre à l’utilisation économique (irrigation inclue). La situation est d’autant plus grave que 45% des nappes souterraines seraient aussi polluées.

2/Insuffisance des mesures contre les pollueurs et d’investissements dans l’assainissement des eaux usées

Conscientes des risques écologiques et économiques, les autorités avaient prévu un vaste programme d’investissements de 32,6 Md USD lors du Xème plan quinquennal (2001-2005) pour l’assainissement des eaux usées. La SEPA avait alors annoncé un objectif de 45% de traitement des eaux usées en moyenne dans les 669 villes chinoises, dont 60% dans les 93 villes de plus de 500 000 habitants d’ici fin 2005. Or, force est de constater qu’à mi 2004, 40% des projets identifiés n’avaient pas encore débuté et que le taux de traitement n’avoisinait encore que les 25%. Si quelques succès ont été enregistrés localement (réduction de la pollution des eaux à Shanghai de 17,7% en 2003) et quelques projets fortement médiatisés (investissement de 4,8 Md USD entre 2001 et 2010 pour construire plus de 320 stations le long du Yangtze), la situation globale reste critique. Malgré les encouragements des autorités centrales, les investisseurs privés restent frileux, en raison d’une facturation trop faible du traitement de l’eau usée au citadin et donc d’un trop faible retour sur investissement.

Les autorités cherchent à fermer en parallèle les sites les plus polluants. Lors d’une inspection début 2004 dans le bassin de la rivière Huai, la SEPA a ainsi décidé la fermeture de 52 sites (dont 67% fabriquant du papier) sur 165 visités. Mais la situation reste compliquée. La SEPA propose en effet les sites à fermer, mais la décision finale appartient aux autorités locales, souvent réticentes à mettre au chômage des dizaines ou centaines de personnes en raison d’un non respect de critères environnementaux. Si la législation chinoise se rapproche néanmoins des standards internationaux, il reste en revanche un long chemin à parcourir avant qu’elle soit réellement appliquée sur le terrain.

Des autorités chinoises encore fragmentées

Appliquer une législation de plus en plus complète et gérer les problèmes de l’eau globalement

Au niveau national, plusieurs ministères sont concernés par le secteur de l'eau, avec des prérogatives parfois liées, voire identiques :

-le Ministère des Ressources en Eau est chargé de la gestion des ressources naturelles (rivières, réservoirs) et des grands projets (irrigation, digues). Il est aussi impliqué dans la surveillance de la pollution et la gestion des crues

-Le Ministère de la Construction est responsable de la distribution et du traitement de l'eau en milieu urbain, et notamment de la construction de nouvelles infrastructures

-l’Administration d'Etat pour la protection de l'environnement (SEPA) mesure et qualifie le degré de pollution des ressources. Elle élabore aussi les normes concernant le rejet des eaux usées

Suite à une prise de conscience à haut niveau des défis chinois en terme d’environnement, la législation s’est fortement étoffée ces dernières années, même si concrètement, beaucoup reste à faire en terme d’application sur le terrain :

- Loi sur les ressources en eau, datant de 1988 et révisée en août 2002

- Loi sur la prévention et le contrôle de la pollution de l’eau, datant de 1984 et amendée en 1996 (Règles de mise en oeuvre datant de mars 2000)

- Réglementation sur les quotas industriels à respecter, datant de janvier 2005

La fragmentation des responsabilités ne contribue pas par ailleurs à une gestion cohérente et unifiée des problèmes liés à l'eau. De nombreux progrès sont à réaliser par la Chine dans ce domaine et c’est d’ailleurs avec cette préoccupation que la Banque Mondiale souhaite dorénavant intervenir, alors qu’elle avait jusqu’à présent essentiellement financé des projets d’infrastructure dans le secteur de l’eau en Chine. Elle a, dans ce cadre, mi 2004, accepté de piloter un projet de gestion globale du bassin de la rivière Hai.

Contacts utiles et salons professionnels

Ministère des ressources en eau
Département des relations internationales :
Tel : (86 10) 6320 2706 / Fax : (86 10) 6354 8037
Site Internet : www.mwr.gov.cn (en chinois uniquement)

SEPA (State Environmental Protection Administration)
Division du management de l’eau :
Tel : (86 10) 6615 3366 Poste 5816 / Fax : (86 10) 6615 1762
Site Internet : www.sepa.gov.cn

Ministère de la construction
Département de la coopération internationale :
Tel: (86 10) 6939 3038 / Fax: (86 10) 6831 3669
Site Internet : www.cin.gov.cn (en chinois uniquement)

The 9th China International Environmental Protection Exhibition and Conference (CIEPEC 2005)
Dates : 7-10 juin 2005 / Lieu : China International Exhibition Centre, Pékin
Organisateur : China Association of Environmental Protection Industry
Tel : (86 10) 6839 3245 / Fax : (86 10) 6839 3748 / Contact : M. Su Fan
Présence d’un pavillon français, organisé par UBIFRANCE
Contact : Mme Sophie DIEBOLD ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir )

The 8th China International Water Technical Equipment Exhibition (WATER CHINA 2005)
Dates : 11-13 août 2005 / Lieu : National Agriculture Exhibition Center
Tel : (86 10) 6446 2079 / Fax : (86 10) 6446 2264
Contact : Mme Cao Shan
Site Internet : www.waterchina.net/water-english

Prestations sur mesure

Vous pouvez faire appel aux Missions Économiques pour des prestations personnalisées, qui peuvent porter sur de la recherche d'information, des analyses et études personnalisées, des prestations d'accompagnement en phase de prospection ou d'implantation, des veilles réglementaires, commerciales et concurrentielles...




Source: Ubifrance / Missions économiques
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