Le marché des produits carnés en Chine

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Chine - Agri-agro, emballage : Chine
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Le marché des produits carnés en Chine
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Avec une consommation estimée à plus de 74 millions de tonnes en 2005 soit 29% de la consommation mondiale, la Chine est le 1er consommateur de produits carnés (bovins, ovins, porcs, volailles), avant les Etats-Unis et l’Europe qui ont respectivement consommé plus de 37 et 41 millions de tonnes de produits carnés en 2005.

La consommation individuelle annuelle des produits carnés, en croissance continue, s’élève à 56 kg, celle-ci étant estimée à plus de 131 kg aux Etats- Unis, 92 kg au sein de l’Union européenne, mais aussi 126 kg à Hong Kong, 98 kg à Singapour, 74 kg à Taiwan et 70 kg à Macao.

L’évolution de la consommation de viande en Chine est significative du développement de ce pays, à mi chemin entre la moyenne des pays en développement (31 kg/hab./an) et des pays développés (84 kg/hab./an).

Cette évolution n’est pas uniquement quantitative ; on observe en effet une diversification de la nature de la viande consommée et des modes de consommation, même si cette évolution touche davantage les populations urbaines de l’Est de la Chine que les 2/3 de ruraux que compte le pays et pour lesquels la consommation de produits carnés reste occasionnelle, composée de porc et de poulet.

Les marchés des produits carnés

Une large domination de la viande de porc, le dynamisme des viandes bovine et ovine.

1. La consommation : Un début de remise en question de la domination de la viande de porc

La viande de porc, avec 48 millions de tonnes en 2005, reste la viande la plus consommée en Chine mais s’est relativement réduite ; en 1996, elle représentait 85% de la consommation totale mais sa part reste stable à 65% depuis 2000. La croissance moyenne de la viande de porc épouse d’ailleurs celle du secteur.

La consommation moyenne est relativement élevée, estimée à 37,2 kg par habitant par an (elle s’élève à 45,4 kg dans l’Union Européenne).

La Chine est le 1er marché mondial de viande de volaille, estimé à 13,5 millions de tonnes en 2005 dont 10 millions de tonnes de poulet, en croissance modérée depuis plusieurs années (de l’ordre de 1,5 à 2 % par an). La consommation de canard arrive en seconde position. La consommation de volaille par habitant par an s’est élevée à 10,5 kg en 2005. La Chine reste aussi très consommatrice de sous produits (crêtes, pattes…). Les épisodes de grippe aviaire (hiver 2004 et automne hiver 2005-2006) ont fortement perturbé la consommation et les échanges de viande de volaille ; les marchés ayant chuté de - 60 à - 80%.

La consommation totale de viande de boeuf s’est élevée à près de 7,2 millions de tonnes en 2005 soit une consommation de 5,5 kg par habitant par an (France : 27,7 kg/an/hab). La viande de boeuf a les croissances les plus importantes du secteur avec 8% en moyenne depuis 2002. Poste minoritaire au sein du marché des produits carnés, le boeuf n’a jamais tenu une part importante dans le régime alimentaire chinois, principalement en raison d’une production limitée. La situation évolue, principalement dans les villes où le boeuf permet, à l’instar des produits avicoles, une diversification de l’alimentation carnée.

La consommation de viande ovine est estimée proche de 4,1 millions de tonnes en 2005, soit une croissance de près de 49% par rapport à 2000 et la consommation annuelle individuelle atteint 3,2 kg par habitant. La Chine présente donc actuellement la plus forte croissance de consommation de viande ovine au monde.

2. La production suit le rythme de la consommation

La demande intérieure demeure le principal moteur de la production. La production intérieure de viande de porc a atteint la demande dès 1997. En 2005, cette production s’est élevée à 50 millions de tonnes, légèrement plus élevé que la demande (48 millions de tonnes).

La Chine est le second producteur mondial de viande de volaille avec 14 millions de tonnes en 2005, production en augmentation constante de 3 à 4% pour coller à l’évolution de la consommation.

La production de boeuf, même si elle s’est fortement développée ces dernières années reste encore contrainte par le manque de pâturages mais reste aussi grevée, dans son développement qualitatif, par un retard conséquent en matière d’alimentation ou de maîtrise de la reproduction. Aujourd’hui, la production (7,3 millions de tonnes en 2005) conserve une légère avance sur la consommation, mais reste en équilibre fragile.

La production de viande d’ovin, très fortement tirée par la consommation galopante (4,1 millions de tonnes), est essentiellement régionale, concentrée sur les zones herbagées des steppes du Nord et de l’Ouest du pays.

Proche des lieux de consommation, s’érigent en périphérie des centres urbains des industries d’abattage et de transformation de mieux en mieux structurées et répondant aux exigences de qualité des consommateurs urbains.

3. Les échanges : des besoins dans la viande de qualité et les abats

Les importations de viande de porc fraîche, réfrigérée et congelée se sont élevées à 31 000 tonnes en 2005 et ont tendance à se réduire très significativement (elles représentaient 140 000 tonnes en 2003) tandis que la qualité et la disponibilité de la viande produite en Chine s’améliore. 83% de ces importations proviennent d’Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada). En revanche, la Chine est un gros importateur d’abats de porc, ses importations s’étant élevées à près de 168 000 tonnes en 2005, les Etats-Unis et le Canada totalisant là encore 60% des importations. Il s’agit principalement des pieds, oreilles, groins ainsi que les foies et coeurs.


Malgré l’autosuffisance (14 millions de tonnes produites pour une consommation de 13,5 millions de tonnes), les échanges extérieurs relatifs à la viande de volaille sont conséquents, contrairement à ceux des autres viandes. En effet, les importations de volaille se sont élevées à 383 000 tonnes en 20052. Elles concernent principalement des sous-produits à faible valeur ajoutée (abats et sous produits, pattes, crêtes). Les Etats-Unis restent les premiers fournisseurs de la Chine en viande et abats de poulet mais la Chine tend de plus en plus à diversifier ses fournisseurs. Les exportations se sont progressivement érodées jusqu’à 157 500 tonnes en 2005 dont 68% vers la seule destination de Hong-Kong. Elles concernent principalement des produits à forte valeur ajoutée (filets et découpes). La crise de la grippe aviaire a porté atteinte aux exportations depuis 2004, en particulier à destination du Moyen-Orient.

Les importations de viande de boeuf sont limitées et tendent encore à se réduire. Elles ont atteint 7 900 tonnes en 2005 (-86% par rapport à 2003), fournies à 95% par l’Australie, le Brésil, la Nouvelle Zélande et l’Uruguay. Les importations restent dominées par les abats. Les exportations sont également limitées mais en pleine progression. Elles se sont élevées à un peu plus de 232 000 tonnes en 2005 pour les viandes et abats dont 82 % étant réalisé sur la zone (Russie, Corée du Nord, Hong-Kong et Corée du Sud). En revanche, depuis 2002, la Chine devient exportateur net de viande et abats de boeuf. Les exportations se sont en effet élevées à un peu plus de 19 200 tonnes en 2005. Les 2 principales destinations sont Hong-Kong et le golfe persique.

Les importations de viande ovine se sont élevées à près de 41 000 tonnes en 2005 dont près deux tiers en provenance de la Nouvelle-Zélande et le reste d’Australie. En revanche, la Chine est un importateur majeur de tripes de mouton. Les exportations de viande ovine se sont élevées à près de 30 000 tonnes en 2005. Celles-ci se sont déplacées de Hong Kong, plate forme traditionnelle de réexportation, vers les pays du Moyen-Orient avec près de 83%, Hong Kong n’absorbant plus que 14% des exportations (contre 60% en 2002).

Parallèlement aux exportations de viande, de nouveaux flux d’animaux vivants pour abattage se mettent en place à destination du Moyen-Orient.



 
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